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Bonjour,
J’aimerais vous parler d’une chose que l’on trouve en Egypte et
que peu d’entre vous connaissent : il s’agit de la forêt pétrifiée ! ! !
Sur l’ancienne route de Qattamiya-Aïn Sokhna,
à 18 km de la banlieue de Maadi,
s’étale sur 6 km2 une réserve naturelle dont le nom est tout un programme.
Il s’agit d’Al-Ghaba Al-Motahagguéra (la forêt pétrifiée).
C’est un espace couvert d’un mélange de sable,
de cailloux et de grandes branches d’arbres pétrifiées
dont la longueur dépasse parfois les 20 mètres avec 14 mètres de largeur.
Ce phénomène insolite a incité les responsables
de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement
à déclarer le site comme réserve naturelle en 1989.
La formation de la forêt pétrifiée remonte à
35 millions d’années
pendant l’époque géologique appelé "oligocène".
Ce qui est vraiment surprenant, c’est que ni les feuilles,
ni les racines n’ont été retrouvées,
seules les branches persistent.
Ce qui indique que cette forêt ne poussait pas sur place,
mais qu’elle a été charriée à partir d’une autre zone
par des cours d’eau et fleuves pour être déposée à cet endroit,
Autre remarque : une simple tournée dans la réserve
permet de se rendre compte que ces arbres
sont orientés vers deux directions : le nord-est et le nord-ouest.
De quoi indiquer que c’étaient les directions des fleuves à cette époque.
Ce n’est pas le cas du Nil dont le trajet commence au sud et se termine au nord.
Pour les géologues, des arbres de la même espèce se trouvent
en Arabie saoudite et en Libye.
Cependant, ces forêts ne sont en aussi bon état de conservation qu’en Egypte.
Ces arbres pétrifiés ne sont pas la seule richesse des lieux.
Les experts viennent de dégager l’os du bassin d’un éléphant fossilisé
Découverte qui suppose que les branches d’arbres étaient tombées sur l’animal
et ont été traînées par l’eau avec le cadavre, pour être déposées dans cette région.
La zone est encore vierge.
Il faut y effectuer beaucoup de recherches et de fouilles.
Cela dit, la réserve est exposée à beaucoup de dangers.
Vient en premier lieu l’urbanisation excessive
qui s’approche des frontières de la zone.
L’installation à proximité de réseaux d’égouts constitue
également un grave risque pour le sous-sol.
De plus, il y a le classique problème des déchets.
La plupart des problèmes pourraient être résolus
si l’on entoure la réserve d’un mur qui précise ses frontières.
Mais en tout cas, elle a besoin de plusieurs projets de développement.
Il faudrait donc mettre des panneaux sur lesquels
seraient inscrites les normes de préservation
des réserves naturelles et leur définition.
Il est important aussi d’ouvrir le site pour l’écotourisme mondial
et pas seulement pour les visites scientifiques,
afin d’augmenter ses revenus et d’établir des projets de fouilles
pour révéler les richesses du site..
Il s’agit d’une situation symptomatique.
Toutes les réserves ou presque souffrent des mêmes carences.
La priorité est certes accordée à la lutte contre la pollution,
mais il faudrait tenir aussi compte de la préservation de la biodiversité.
A cet effet, je vous recommande
l'article d'El Ahram hebdo sur ce sujet.
Merci de vos lectures et commentaires.