/http%3A%2F%2Fimg220.imageshack.us%2Fimg220%2F9008%2Fbarreegypt181im.gif)
Bonjour,
Il y a quelques temps, je vous ai décrit les chiffonniers du Caire
et ai tenté de vous renseigner sur leurs façons de vivre et surtout de travailler :
maintenant, j’ai pensé qu’il serait intéressant de vous présenter l’un d’entre eux
et pour ce faire je vais vous parler de :
La succes story de Am Helmi
/http%3A%2F%2Fimg177.imageshack.us%2Fimg177%2F1918%2Fla20success20storygw5.jpg)
C'est le cheikh des chiffonniers, il exerce le métier depuis 60 ans.
Dans une des rues étroites complètement
cabossée et jonchée d'ordures,
Am Helmi, le cheikh des zabbalines ou al-moallem,
tenant un cigare à la main, est accoudé à sa voiture.
Vêtu d'une djellaba toute neuve,
il ne semble pas cadrer avec le décor qui l'entoure.
Am Helmi a commencé à exercer
le métier de ses ancêtres à l'âge de 7 ans.
« Aspirant à améliorer ses conditions de vie,
mon arrière grand-père paysan,
originaire d'Assiout, a choisi de venir au Caire
pour multiplier ses revenus.
Il a commencé par faire le ramassage d'ordures
dans le quartier huppé de Zamalek », raconte-t-il.
En fait, Am Helmi n'a pas eu besoin de quitter
le monde des éboueurs pour faire fortune.
Un monde qui lui a permis de comprendre que
même en étant pauvre,
on est capable de changer son destin.
Mais pour gagner beaucoup d'argent,
il faut commencer par le bas de l'échelle,
passer par plusieurs étapes pour arriver au sommet.
C'est pourquoi Am Helmi a suivi
la même trajectoire que ses ancêtres.
Il a commencé par être un petit zabbal à l'âge de 7 ans.
« Au début, je gardais la charrette pour qu'on ne nous vole pas
alors que les grands allaient récupérer les ordures.
Quelques années plus tard,
j'ai été chargé de faire le ramassage des ordures
de deux ou trois appartements seulement.
En compagnie de mon grand-père ou de mon père,
je me rendais dans différents quartiers chic,
comme Zamalek, Doqqi, Mohandessine,
sur une charrette de bois tirée par un âne », se souvient-il.
A l'âge de 11 ans, un grand panier sur le dos,
Helmi passait de maison en maison et
revenait pour vider les déchets dans la charrette.
Il raconte qu'à cette époque,
son salaire ne dépassait pas les 6 L.E. par mois,
en plus des 10 piastres que chaque famille
lui refilait de temps à autre.
« A l'époque, la tonne de papier ou de carton coûtait 30 L.E.
et le kilo de plastique 25 piastres », précise-t-il.
A l'âge de 20 ans, Helmi était prêt à se marier avec sa cousine,
une zarraba (celle qui fait le triage à la zériba, étable) comme lui.
« Le monde des zabbalines n'admet aucun intrus.
La plupart d'entre nous se marient avec des cousines maternelles
ou paternelles », dit-il. Son épouse Zeinab est analphabète
comme beaucoup d'autres femmes de son entourage.
« Pour nos parents, l'éducation n'a aucune importance
puisque tôt ou tard,
la fille est appelée à travailler pour le compte de sa famille.
Mon père et mon mari ont refusé que je travaille
dans une usine ou ailleurs :
ils ne cessent de répéter :
Que vas-tu gagner à la fin du mois, 500 ou 700 L.E. tout au plus ?
Et avec le risque qu'un patron t'embête.
Par contre, tu es plus utile à la zériba », confie Zeinab.
Aujourd'hui, Am Helmi est père de 13 enfants
qui travaillent tous à la zériba.
Ce métier est exercé aussi bien par les garçons que par les filles.
Tout est bien organisé et chacun est chargé d'une tâche bien précise.
Pendant que les garçons de 11 à 15 ans ramassent les ordures,
sa femme Zeinab et ses filles de 13 à 19 ans s'occupent du triage.
Quant aux plus petits, ils aident aussi bien les femmes que les hommes.
Dans un entrepôt sombre, Zeinab, une écharpe sur la tête,
travaille d'arrache-pied avec ses cinq filles.
Elles mettent de côté bouteilles, plastique, carton, tissus,
verre, vieux livres et divers objets pouvant servir à nouveau.
« Mais ce sont surtout les métaux tels que
le bronze, l'aluminium,
le plomb ou le cuivre qui rapportent le plus d'argent,
c'est mon père qui dit cela »,
commente Samah, sa fille cadette.
Quant à sa fille aînée Noura,
elle n'arrive pas à se marier avec celui qu'elle aime ;
Am Helmi refuse ce mariage
car le prétendant diplômé est un étranger à la famille.
Am Helmi préfère que sa fille soit mariée
à un zarrab comme elle,
« car c'est un boulot qui rapporte de l'argent »,
conclut Helmi.
Source : El Ahram hebdo