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Mes Parfums d'Egypte

Mes Parfums d'Egypte


Egypte : Les chiffonniers du Caire

Publié par Soleil des pharaons sur 9 Septembre 2006, 00:02am

Catégories : #Egypte : Le Caire


Bonjour,

Ces derniers jours, je suis tombée par hasard sur un article de l’unique journal francophone que nous trouvons ici : El Ahram hebdo.
Cet article m’a interpellé et j’ai pensé qu’il serait intéressant
de vous le faire découvrir ! ! !

Il concerne les chiffonniers du Caire qui collectaient, transportaient et travaillaient au triage des déchets et qui, depuis l'apparition des entreprises étrangères de collecte d'ordure, voient leur unique source de revenus menacer.

Attention, cet article est un peu long mais je n’ai pu le raccourcir
de peur de perdre de son intérêt ! ! !

Le paradis perdu des Zabbalines

« Chez nous, le métier de chiffonnier ou zabbal se perpétue de père en fils.
Sans lui, nous sommes comme des poissons,
qui une fois sortis de l'eau meurent », lance l'un d'eux.

Situé en haut du mont Moqattam, au sud du Caire, le quartier des zabbalines surplombe la capitale et abrite 7 634 zabbals, dont 6 183 hommes et 1 451 femmes.

Tout le long du chemin qui mène vers Manchiyet Nasser, c'est la même scène qui se répète. Des camions parfois vides mais le plus souvent pleins d'ordures roulent doucement puis s'engouffrent dans des ruelles en terre battue, sinueuses et étroites pour se diriger vers ce bidonville. Dans ce quartier, les maisons en briques sont collées les unes aux autres et séparées tout juste par une allée étroite et boueuse.

Là, la plupart des familles passent leurs journées dehors
et ne rentrent chez elles que pour dormir.
Des enfants portant des vêtements crasseux courent pieds nus,
les uns s'amusant sur un amas d'immondices,
les autres attendant leur petit copain le zabbal
arrivant clopin-clopant sur sa charrette.

Ils espèrent trouver chez lui un jouet en bon état pour se divertir.
Dans plusieurs ruelles, des petits camions sont garés et
le rythme du travail n'est plus ce qu'il était.

« 90 % des gens ici travaillent au jour le jour,
sans savoir de quoi sera fait le lendemain. »

Aujourd'hui, certaines familles ont du mal à joindre les deux bouts », lance Eïd
Anouar Aboul-Saad, un moallem (maître) chiffonnier et membre du conseil d'administration de l'Association des chiffonniers.
Et d'ajouter : « Etant donné que notre métier s'est avéré rentable, de nombreux concurrents ont fait leur apparition. 35 % des chiffonniers n'ont plus de travail à cause des nouvelles entreprises de collecte des ordures », estime-t-il.

En avril 2002, trois sociétés étrangères ont signé des contrats pour le ramassage des ordures dans la capitale. En fait, chacune des entreprises a investi plusieurs dizaines de millions de L.E. pour s'installer. Elles espèrent augmenter leurs profits à travers le recyclage des ordures. Pourtant, elles n'ont pas encore construit les usines de recyclage ni commencé à mettre en place leur ambitieux programme de production d'engrais à partir des ordures. Bien qu'elles n'aient pas encore entamé le travail de triage et de recyclage, ces entreprises refusent de céder les ordures aux zabbalines.

C'est pourquoi, ces dernières années,
la vie a commencé à être dure à Manchiyet Nasser.
« Depuis l'installation de ces entreprises, notre gagne-pain est menacé »,
se plaint un des chiffonniers.
Jadis, des tonnes d'ordures étaient triées chaque jour par les chiffonniers.
Plastique, carton, verre, papier, boîtes de conserve, tissus, aluminium, cuivre, acier et bouteilles en plastique et pots de yaourt sont vendus à la tonne aux usines de recyclage ou aux commerçants. La tonne de plastique était vendue à 2 000 L.E., le papier à 1 000 L.E. et le verre à 200 L.E.
Quant à la tonne d'aluminium, d'acier ou de cuivre, elle coûtait environ 11 000 L.E.

A vrai dire, l'argent que percevaient les zabbalines des citoyens ne représentait qu'une partie infime de leurs revenus, basés en majorité sur le tri des détritus. De plus, malgré les conditions difficiles dans lesquelles ils travaillent, la forte odeur de poubelle et de poussière qui suffoque et malgré le fait de travailler tout en gardant les yeux ouverts, les chiffonniers ne se plaignaient jamais.

« Les odeurs fétides ne nous incommodent plus.
Nous
nous sommes habitués à être entourés de tas d'ordures.
C'est notre jardin d'Eden, notre gagne-pain », confie un jeune chiffonnier.

Un système qui génère de l'injustice Le nouveau système oblige les gens à faire descendre leurs poubelles tous les matins et à les vider dans des conteneurs installés dans les rues. Il faut dire que le mode de paiement a aussi changé.
Les frais de ramassage sont compris dans la facture mensuelle d'électricité. Aujourd'hui, 50 % des Cairotes règlent leur facture de ramassage
des ordures pour le compte de sociétés de nettoyage.

« Le nouveau système consiste à ajouter deux piastres
à la facture d'électricité pour chaque kilowatt consommé »,
précise un des zabbalines.

Mais comment compenser cette perte infligée aux zabbalines
qui ont toujours gagné leur vie grâce à ce métier ?

« Jadis, chaque famille versait 3 L.E. par mois pour le ramassage des poubelles.
Une somme qui paraît dérisoire, mais en faisant le compte du nombre d'immeubles et d'appartements, cela fait une sacrée somme.
On devait faire le tour de 120 immeubles.
Chaque bâtiment était composé d'environ six étages de deux ou trois appartements chacun. Faites le calcul et vous serez étonnés du résultat.
Le moallem empochait à la fin du mois près de 6 000 L.E., un salaire qui équivaut à celui d'un ministre », raconte un petit zabbal.

Ce dernier s'arrête un instant puis poursuit avec amertume :
« Mon moallem me payait 200 L.E. par mois pour 8 heures de travail par jour.
Je commençais à 3 h du matin et terminais à 11 h.
Etant donné qu'il possède des charrettes et des ânes,
il s'arroge le droit de se conduire en nabab.
Il brassait des millions de L.E. sans se donner aucun mal ».

En fait, ce métier vaut de l'or.
Les zabbalines tiraient de grands profits du ramassage,
mais aussi et surtout du recyclage.
Grâce à ce métier, beaucoup d'entre eux possèdent de belles villas au Moqattam, des logements à Doqqi, des voitures de luxe et des comptes bancaires.

Solutions partielles

Dans une tentative destinée à résoudre le problème des chiffonniers à Manchiyet Nasser, les entreprises en question ont signé des contrats avec quelques grands patrons, les autorisant à ramasser les ordures dans certains quartiers.
Mais l'argent que ces zabbalines empochent actuellement
est largement inférieur aux sommes qu'ils percevaient jadis,
directement des habitants.
Et si l'un d'eux ose transgresser les règles du contrat ou que l'entreprise
le surprend en train de collecter les ordures,
il est contraint de payer une amende estimée à 1 500 L.E.

C'est le cas du moallem Zeinhom qui faisait le ramassage
des ordures d'un fast-food et qui, en une année, a été quatre fois pénalisé.
« Aujourd'hui, le gouvernement a confisqué la plupart de nos voitures
et les entreprises étrangères ne veulent pas de nous », se lamente un jeune chiffonnier qui doit se marier dans quelques mois.

Ce dernier n'a pas les moyens d'offrir une dot à sa dulcinée,
qui n'est autre que sa cousine.
Actuellement, les chiffonniers sont obligés de faire le ramassage des poubelles
en catimini, craignant d'être surpris par les sociétés étrangères
ou le personnel de la municipalité du Caire.

Et même si certains continuent à exercer leur métier,
le triage ne leur rapporte plus autant d'argent.
« Jadis, on faisait le tri de deux camions par jour.
Actuellement, on ne travaille plus à plein temps.
On commence à midi et on s'arrête vers 18 h.
Avec l'aide de ma belle-sœur, je dois classer le contenu de ce grand camion.
Si je suis trop fatiguée, je me repose un quart d'heure.
Et même si je dois m'arrêter plusieurs fois parce que je suis fourbue,
je dois finir ma tâche », explique Samah, 17 ans.

Ce travail étant laborieux,
les chiffonniers sont forcés de l'accomplir étant donné
qu'il leur permet de gagner beaucoup plus d'argent.

« Faire le tri de 100 articles en même temps n'est pas une tâche facile », dit-elle.
En fait, Samah est heureuse car les sous qu'elle va gagner
lui permettront de faire son trousseau.
« Ma sœur est parvenue à faire son trousseau grâce au triage des ordures,
pour moi, cela va être plus difficile », ajoute Sayeda.
Sans doute, le métier de chiffonnier n'est plus ce qu'il était.
Essayant de survivre, les zabbalines passent leur temps à se disputer
avec les employés qui travaillent pour le compte de ces entreprises étrangères.

Des querelles qui peuvent mener jusqu'au crime.

C'est d'ailleurs ce qui est arrivé au Vieux-Caire.
Un chiffonnier a donné un coup de couteau à un des employés
chargé du ramassage des ordures. Des bagarres mais aussi des subterfuges pour ramasser le plus d'ordures.
Les chiffonniers se sont mis à vider les conteneurs placés par
ces sociétés dans les différentes artères de la capitale.

« Nous sommes obligés d'aller voler des ordures pour subvenir
aux besoins de nos familles », dit l'un des chiffonniers sans aucune gêne.

Et malgré toutes les difficultés, ils ne baissent pas les bras.

« Est-ce normal d'arrêter le métier de nos ancêtres et de céder la place à d'autres intrus qui viennent de faire leur apparition ? », se demande les chiffonniers.

Source : El Ahram hebdo
Petit message personnel :       

Qui déposera le 2 000 commentaire ???

Réponse dans la journée et
dans mon article de demain  ! ! ! !
 
Merci à tous pour vos gentils messages ! ! !  ! !

Le 2000 commentaire a été posté par.....Honorius : Bravo ! ! !

Rappelons que que le 1000 le fut par Yvon
qui est actuellement.....en vadrouille dans le monde ! ! !

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A
Bonjour! Je trouve votre site très interressant, car j'ai été en Egypte et le côté info sur la vie quotidienne m'interesse beaucoup!  :) J'ai moi même été en Egypte l'été dernier lors d'un camp d'échange franco-egyptien. On été 24 français et 24 égyptiens de 15 à 19 ans et on s'est balladé un peu partout : Le Caire (plus précisement un centre jésuite à Mokattam, c'est pour ça que j'écrit sur cette article^^), Alexandrie, le Mont Sinaï, Dahab et, ce qui m'a le plus touché : animation pour des enfants dans un village près de El Minia. Si ça vous interresse, vous pouvez aller voir sur mon blog spécialement dédié au village. (éhéh je fais de la pub pour mon blog^^ )Un jour moi aussi je vivrai en Egypte!! :D
Répondre
G
trés triste bon samedi bise grand mére
Répondre
S
Oui mais cela est la réalité ! !  Bizzz
C
Quelle chance de trouver un journal en francais !<br /> Bizzzzzzzzzzz !
Répondre
S
C'est le  seul et je ne le rate jamais ! ! ! Bizzzzz
N
Salâm, yâ Anne-Marie !<br /> Merci pour ce très intéressant article. C'est bien triste de voir qu'une fois de plus les pays riches viennent bouleverser un pays sans le comprendre, triste et révoltant...<br /> C'est vrai que la vie de ces chiffonniers est loin d'être idéale ; mais au moins cette activité leur permettait de vivre, leur assurait quelques revenus. Le profit des moallem est écoeurant ; l'humanité a quand même un fond mauvais dès qu'il s'agit d'argent...<br /> C'est vrai que les ordures sont un vrai problème en Egypte ; la première fois qu'on y va, on est surpris de trouver des tas d'ordures un peu partout. Mais moderniser le système, ce pourrait être employer dans de nouvelles tâches ces pauvres gens qui y trouvaient leurs seules ressources...Non ?<br /> Merci aussi de nous rappeler cette réalité de l'Egypte, celle de la misère et d'une vie rude, à deux pas des hôtels de luxe pour touristes.
Répondre
S
Dure réalité ! !  Mais je me devais de la rappeler ! ! ! ! Bisous  
M
Après avoir fermé les yeux pendants des décennies sur leurs conditions de vie, il faut maintenant qu'ils disparaissent comme les déchets qu'ils triaient... Pour répondre à la question de Honorius, j'ai lu qu'il s'agissait d'une société espagnole (FCC Urbacer) et deux italiennes (AMA & Jacorossi). Pourquoi pas des Egyptiennes ? <br /> Bisous et bon mercredi
Répondre
S
Oui ce sont des italiens qui ont pris le marché ! !  Pourquoi pas des égyptiens????  Je ne sais  ! ! !  Bizzzz
L
Un peu long ??? Carrément long oui !!! lol Oui je sais, je ris mais ce n'est pas drôle :( Malheureusement il n' y a pas que des merveilles en Egypte... Gros bisous Anne-Marie !
Répondre
S
je sais mais je ne pouvais couper le texte ! !  Bizzz
M
article qui devait être fait!!   merci!
Répondre
S
Oui pas drole mais je me devais de le dire ! !  Bizzzz
D
bienvenue dans la mondialisation
Répondre
S
Comme tu dis ! ! !  bizzzz
R
Il est magnifique ton blog, j'aime beaucoup tout tes articles, bravo pour tout se que tu fait, et bonne continuité.<br />  <br />  
Répondre
S
Merci mille fois ! !  Bisous
M
Un grand article, cette fois!bises (trop sommeil) à demain.
Répondre
S
Pas grave comme cela tu reviendras ! !  Bonne nuit  et bisous 
F
Bravo mon vieux grigou bisous petit soleil
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S
Suis contente que ce soit notre Honorius ! !  Bisous à toi
M
Cet article est très édifiant.<br /> Je te souhaite un bon week-end.<br /> Bisous
Répondre
S
Merci Martine et bub week end aussi à toi
S
Bonjour Anne Marie<br /> C'est tres triste pour eux dejas que c'est un metier tres difficile et maintenant ils ne sont payer qu'une misere pauvre gens que nous sommes a nous plaindre sans arret de notre salaire pour un travaille moin fatiguant,Ils sont vraiment courrageux j'espers que cela changera pour eux et qu'ils seront reconnus a leurs propre valeur<br /> Bisous
Répondre
S
Oui car je me demande comment serait Le Caire sans eux ! ! !  Bizzzz
C
Bonjour ! c'est toujours très intéressant de s'intéresser aux petits métiers ancestraux, même s'il est certain que sur le plan financier ca ne doit pas être très évident...<br /> bisous et bon week-end
Répondre
S
Je me devais d'en parler ! ! Bizzzz
T
hihihihi comptage de coms lol bisous et bon week end
Répondre
S
Gros Louis m'en a donné l'idée ! !  lol ! !  Bisous  
Bonjour ma petite egyptienne, à toi aussi bon W.E. et ton article sur les chiffoniers du Caire est très interessant. On y trouve surtout toute la misére du monde, quel malheur pour ces pauvres gens, mais chez nous c'est hélas pareil, nous avons les chiffonniers d'EMAUS, dirigé par l'Abbé Pierre, c'est mieux structuré, mais tout aussi abominable, mais cela redonne le goût du travail à plein de pauvres gens   .Bonne journée à toi, grosses bises marseillaises.Mamiekéké et son Cricri d'amour.
Répondre
S
Soeur Emmanuelle a fait beaucoup pour eux en implantant des écoles. Bisous de la mer rouge
S
bon dimanche de Paris
Répondre
S
Merci ma belle et pour toi bisous de la mer rouge
S
Un petit passage pour te souhaiter un bon week end et déposer ici un gros bisou de Reims....<br /> Syl
Répondre
S
Merci Reims ! ! ! Bisous de la mer rouge
H
ce qui serait intéressant de savoir c'est qu'elles sont ces entreprises étangères... c'est cela l'aide au développement des pays pauvres ! Bisous du vieux sorcier, toujours en traitement... Bon dimanche 
Répondre
S
Bravo tu es le 2 000 commentaire ! ! ! Bisous et bon rétablissement ! !
:
Bonjour Anne Marie,<br /> <br /> Pas mal du tout ton article, c'est triste l'appat du gain, font débouler de grosses entreprises qui ne font que ramasser le fric...<br /> Pourquoi ces sociétés-la n'embaucherait pas ses zabbalines, eux auraient un métier et un salaire en fin de mois et tout le monde serait content...<br /> Je te fais un gros bisous en te souhaitant une bonne journée
Répondre
S
Vaste sujet et je pense que personne ne veut lacher une part du gateau....bisous

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