
Recyclage des déchets hospitaliers au Caire.
Pour la bonne compréhension de ce texte, je me dois de vous signaler que la livre égyptienne divisée en 100 piastres vaut environ 1 franc français et qu’un euro équivaut à 7 livres
Un panneau complètement décalé par rapport à son environnement empesté où les mouches ont trouvé asile parmi les tas d'immondices. 27 000 chiffonniers résident dans le quartier. Un métier hérité de père en fils et qui consiste à faire le tri des ordures. Bouteilles en plastique, tissus, cartons d'emballage, métaux, os d'animaux et tout ce qui peut être recyclé sont classé par catégories.
Mais, les chiffonniers ne se contentent pas seulement des ordures ménagères, ils s'intéressent aussi aux déchets hospitaliers.
Dans un hangar, trois gamins de 10 à 16 ans sont assis par terre parmi des tonnes de seringues, pansements, coton et sondes souillées. Ils trient et classent dans des sacs en plastique. « Je travaille de 8h30 à 20h. J'essaie de trier le maximum et je suis payé 15 piastres le kilo. En fin de journée, j'arrive à gagner 15 L.E. », explique Barakat Youssef, 15 ans, tout en ajoutant que les seringues sont lavées à l'eau savonneuse et revendues au Souk Al-Talat.
A la question posée sur les risques de contamination, il répond que toutes les seringues sont protégées par leurs étuis. Néanmoins, il relate l'expérience de son copain qui par mégarde a été piqué. Une semaine plus tard, il a été amputé du doigt.
Le patron du lieu, dérangé par cet entretien, s'approche pour démentir toutes les déclarations du jeune garçon. « Nous ne recueillons pas les déchets contaminés des hôpitaux, seulement des tubulures en plastique et qui servent après le recyclage pour la fabrication de tuyaux d'arrosage et de pochettes de téléphones portables », lance Issa. Selon ses propos, il n'existe plus d'acheteurs de seringues, étant donné qu'une seringue coûte actuellement 35 piastres en pharmacie.
Chaque lit produit en moyenne un demi kilo de déchets par jour, dont 13 000 tonnes contaminés.
Selon le Dr Madiha Khattab, directrice du nouvel hôpital de Qasr Al-Aïni, deux sacs en plastique de différentes couleurs sont disposés sous chaque lit. Les déchets ordinaires sont placés dans un sac noir.
Quant aux seringues souillées et autres produits servant aux soins, ils sont jetés dans un sac rouge. « Une équipe d'agents de nettoyage est chargée de récupérer et d'envoyer par un ascenseur spécial les sacs rouges vers une grande salle au rez-de-chaussée pour l'incinération. Les sacs noirs seront remis aux éboueurs », explique-t-elle, tout en ajoutant que les aiguilles des seringues sont écrasées dans un appareil spécial.
Cependant, le Dr Medhat Gamal, responsable de la médecine préventive à Qasr Al-Aïni, souligne que les fours d'incinération n'ont été installés qu'en 1996 et seuls certains grands hôpitaux, tels que le nouveau Qasr Al-Aïni, l'hôpital universitaire de Manial, l'hôpital Ahmad Maher, l'Institut national du cancer et l'hôpital des Pyramides en possèdent.
En 1997, et selon une étude faite par le ministère de la Santé dans 5 gouvernorats concernant l'élimination des déchets dans les centres hospitaliers, 13 fours ont été inventoriés : 9 fonctionnent parfaitement, 2 nécessitent une remise en état et deux autres sont irréparables.
Tout ceci explique pourquoi de nombreux déchets hospitaliers atterrissent dans la rue.
Travaillant depuis 50 ans dans ce domaine, il explique que même le coton est recyclé. Une tonne de coton hydrophile souillé est revendue à 1 000 L.E.
Nettoyé, dans les usines, puis plongé dans une poudre blanchâtre, il devient difficile de le distinguer d'un coton neuf.
Et bien que les fabricants soient conscients du danger, ils continuent de le vendre et gagneraient, selon l'éboueur, 10 000 L.E. par jour. « J'ai proposé à des employés de l'hôpital une somme de 5 000 L.E. pour continuer de récupérer les déchets.
C'est une affaire juteuse pour moi et pour les personnes qui me permettent de les détourner », lance cette personne qui a requis l'anonymat. Il interrompt la conversation, car il doit se rendre à l'hôpital pour persuader la deuxième équipe de lui délivrer les déchets avant l'opération d'incinération, même s'il sait qu'il aura du mal à l'écouler.
« Depuis les événements du 11 septembre, le marché est en pleine stagnation et les dépenses rares », conclut-il. "
Je trouve que ce texte est tout simplement effrayant et démontre
l’impuissance des pouvoirs publics face à la surpopulation du Caire ! ! ! !
Cela est vraiment dommage car l’Egypte renferme de si beaux cotés qui commencent à être gâchés par ce laisser aller quasi quotidien.
Mon propos n’était pas de vous affoler mais je désirais vous montrer la réalité de la vie à moins de cinq heures de vol de Paris.

