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Mes Parfums d'Egypte

Mes Parfums d'Egypte


Fonctionnaire du monde

Publié par Soleil du pays des pharaons sur 20 Mai 2006, 01:00am

Catégories : #Egypte : Le Caire

Fonctionnaire du monde ou

"métro, boulot, dodo'' à la mode cairote  ! !

Comme de nombreux d’entre vous sont déjà venus dans ce magnifique pays en tant que touristes, j’ai pensé qu’il serait agréable de vous faire découvrir la vie quotidienne d’un employé du gouvernement au Caire.

Cette histoire est née dans ma tête après avoir lu de nombreux articles dans des quotidiens régionaux qui tentent de nous éclairer sur la condition des habitants de la capitale égyptienne qui compte environ 18 millions d’âmes. Mais est ce vraiment une fiction et ce récit ne reflète-t-il pas la simple réalité ?

Pour se faire, nous allons suivre l’un d’eux aux prises avec un quotidien difficile où les droits les plus élémentaires sont bafoués et vous pourrez ainsi constater les conditions des travailleurs dans un continent peu éloigné du notre ! ! !

Mahmoud est un égyptien au teint mat, aux cheveux grisonnants et qui parait bien plus que ses 40 ans.
Il habite à Aïn Chams un quartier du Caire non loin de l’aéroport et aujourd’hui, avant de se rendre à son bureau, il doit se rendre au ministère de l’Education afin d’obtenir les papiers nécessaires au transfert de ses enfants vers une école plus proche de son domicile. Il doit, à tout prix finir ce problème qui le hante depuis la rentrée scolaire de septembre dernier.
Il explique que les lenteurs de l’administration sont immenses et qu’il faut sans cesse glisser un pot de vin afin d’obtenir ses droits les plus évidents.
( Je tiens à rappeler qu’ici, le mot « pot de vin » peut simplement consister à verser à la personne quelques livres égyptiennes ou alors lui faire un petit cadeau comme un petit parfum, cendrier ou autre.)
Avant de sortir de chez lui, Mahmoud va prendre son petit déjeuner. Tout en sirotant son thé il parcourt son journal préféré : Al Gomhouriya ( le gouvernement) et n’oubliera pas de repasser sa chemise et cirer ses chaussures bien qu’il sache que celles-ci seront piétiner dés qu’il prendra son bus.
Tous les jours, il espère lire dans son quotidien un communiqué ministériel annonçant une augmentation prochaine des salaires ou des primes des fonctionnaires mais cela ne semble pas venir.
Il explique que son salaire de 800 livres égyptiennes (environ 120 euros) n’a pas augmenté depuis des années. La galette de pain coûte actuellement 20 piastres ( soit 3 centimes d’euros) et pour obtenir celle à 5 piastres, il faut faire la queue pendant des heures. Tous les prix ont augmenté et manger de la viande est devenue inabordable pour de nombreuses familles égyptiennes.
Mahmoud avoue avoir des difficultés financières qui engendrent des problèmes dans son couple et les frictions avec son épouse au sujet du budget du ménage sont quasi quotidiennes.

Mahmoud doit maintenant affronté la rue et prendre un bus afin de se rendre au ministère de l’éducation. Fortement bousculé, il parvient tant bien que mal à grimper dans un bus bondé. Collés les uns contre les autres, les passagers étouffent pendant l’interminable trajet qui va les conduire au centre ville du Caire. Enfin, après 45 minutes, il y parvient sain et sauf mais dès la descente, il remarque que ses vêtements sont déjà tous froissés.
Maintenant, il doit se frayer un passage entre les voitures, les tas d’ordures entassés dans tous les coins, les travaux inachevés sur la chaussée et ce, avec des trottoirs inexistants afin de rejoindre l’immeuble de l’administration.
Il faut tout de suite rappeler que pendant les heures de pointe du matin, la densité de la population est de 16 000 personnes au kilomètre carré…..
Mais les Cairotes sans accepter cette promiscuité ont fini par s’habituer et Mahmoud, comme les autres a appris comment faire pour se frayer un passage et bousculer les gens afin se prouver sa place.
La vie au Caire est une véritable jungle où la notion de vie semble peu importante.

Arrivé au ministère, c’est déjà la cohue. Il attend patiemment son tour et pendant deux heures va passer d’un bureau à l’autre, demandant aux fonctionnaires de lui confirmer la démarche à suivre, se heurtant très souvent à un mur d’inertie………. Pour accélérer la procédure, il est même obligé de les soudoyer. A l’un, il offrira une cigarette, à l’autre, un verre de thé et glissera un petit billet au planton afin de faciliter son passage.
Grâce à cela, il obtiendra satisfaction et muni des documents nécessaires au transfert de ces enfants dans une école proche de son domicile décida de reprendre un bus afin de rejoindre son travail.

Arrivé en retard au département des ressources humaines dans l’organisme gouvernemental où il travaille, une tonne de dossiers l’attend sur son bureau. Son supérieur lui fait des remarques désobligeantes et de ce fait les réponses de Mahmoud à ses interlocuteurs sont désagréables.
Inconsciemment, il reproduit exactement le même schéma que les fonctionnaires du ministère de l’éducation en répondant : « Revenez demain, le dossier n’est pas prêt » ou « Votre salaire ne permet pas l’obtention d’un prêt actuellement » etc.
Selon un psychiatre interrogé sur les conditions de vie de certains cairotes, celui-ci précise que dans un environnement aussi agressif, il est quasi impossible de s’arrêter pour réfléchir et analyser les raisons de cette vie. Cette frustration est commune à de nombreux égyptiens et se répercute dans leur foyer.

L’épouse de Mahmoud termine son travail à 13h. Elle doit ramener les enfants de l’école, préparer à manger et nettoyer la maison. Comme toute mère de famille européenne, elle va tenter de faire tout cela en un temps record puisqu’elle devra également jouer son rôle d’institutrice et d’épouse attentionnée lorsque son mari rentrera.
Elle avoue ne pas prendre le temps d’écouter ses enfants et ne pas leur consacrer toute l’attention dont ils auraient besoin. Parfois, elle reconnaît qu’elle les sermonne en leur disant qu’ils devraient se rendre compte de leur bonheur de pouvoir aller à l’école et de ne pas être obligés de travailler afin de nourrir leur famille comme le font certains enfants des rues. Ce comportement ne peut être admis et culpabilise les adolescents.

Après une pénible journée de labeur, Mahmoud est persuadé d’avoir accompli son rôle de père de famille. Afin d’éviter les tensions avec son épouse, il ira s’asseoir au café d’en face afin d’y boire un thé en toute tranquillité. Là, il y rencontre d’autres clients, la plupart au chômage qui est aussi l’un des gros problèmes de la jeunesse égyptienne qui ne trouve pas d’emploi.
Reposé, Mahmoud rentre chez lui et tente de convaincre sa femme de se mettre au lit………………………Mais son stress sera le plus fort et son désir s’envolera au bout de quelques secondes.

Voila en quelques lignes fortement inspirées d’un journal local qui vous ont fait découvrir une journée d’un fonctionnaire du Caire.

En toute franchise, je pense que ce récit aurait pu aussi bien concerner beaucoup de banlieusards confrontés à la fameuse devise « métro, boulot, dodo ».
Vous pouvez ainsi constater que les préoccupations des travailleurs sont les mêmes dans de nombreux pays du monde ; il est certain qu’ici, au Caire la surpopulation et l’inflation actuelle jouent un rôle primordial et que les solutions – si solutions il y a – auront beaucoup de mal à voir le jour et à être mises en application. Certaines priorités revêtent un caractère plus urgent que d’autres et il semble difficile de faire la part des choses sans avoir une parfaite connaissance du contexte particulier de ce magnifique pays ( ce qui fera certainement l’objet d’un futur avis de ma part ).


Parfois, je tente de faire le parallèle entre nos deux sociétés et bien qu’il y ai des points similaires, il ne faut jamais perdre de vue que nous sommes ici dans ce qu’il est communément appelé un pays sous développé avec tout ce que cela engendre de difficultés. Pour la petite histoire l’Égypte vient de changer l’entraîneur de son équipe nationale de football et a désormais fait choix d’un italien dont vous me ferez grâce du nom mais qui bénéficie d’un salaire mensuel de 40 000 dollars sans compter les avantages ( voiture, villa etc ). Dans ce pays où une grande majorité de la population n’arrive pas à joindre les deux bouts cela semble totalement surréaliste ! ! ! ! !

Merci de vos lectures et à bientôt,

 

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N
Alf shokr pour ce très intéressant article, yâ Anne Marie. C'est vrai que les conditions de vie des Egyptiens sont très dures, on le voit même en tant que visiteur étranger. J'ai beaucoup discuté avec Hani, notre accompagnateur, qui était Cairote ; il m'avait parlé de tout ça. Il m'avait d'ailleurs dit que certaines personnes étaient obligées d'avoir deux boulots pour s'en sortir.<br /> La différence que je vois par contre avec chez nous, en dehors du niveau de vie (nous sommes quand même à côté d'eux des enfants gâtés) et autres, c'est que les Egyptiens ont toujours cette faculté de sourire, cette chaleur humaine, cette authenticité propre aux pays qui sont moins privilégiés que les Occidentaux ; il y a là, je crois, une grande leçon pour nous.<br /> En tout cas, continue à nous montrer l'Egypte de l'intérieur, loin des cartes postales. Aimer un pays et un peuple, c'est aussi connaître ses réalités.<br /> Bizzz<br /> Nefred
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S
Et les réalités ne sont pas toujours belles ! !  Bisous
L
Il y en a qui font fort... ça me rappelle une histoire d'Asterix : les 12 travaux... en particulier celui avec l'administration !<br /> Bonne fin de WE
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S
Dure loi de la vie ! !  Bisous
F
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S
Bonne soirée et bisous
Y
cet article m'a beaucoup interessé; il y a certrainement beaucopu d'analogies avec la vie dans nos banlieues, toutes proportions gardées, bien entendu.<br /> Ce monsieur est un cadre moyen égyptien, une catégorie en voie de création dans les pays en voie de développement alors qu'elle est en voie de disparition chez nous pour cause d'apauvrissement; <br /> les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres, et ce dans le monde entier, hélas, ce que certains appellent le libéralisme économique.<br /> Bon week end, Anne Marie
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S
Tout à fait d'accord avec toi ! !  Bisous Yvon
L
tu as raison dans tes conclusions, c'est si vite de fait de porter un jugement sans avoir tous les tenants et aboutissants, des points communs de retrouvent dans tous les pays sur ce sujet.<br /> Cerise sur le gateau c'est la place financière que l'on donne aux sportifs et ceux qui gravitent autour, c'est une honte isl ne font que leur travail rien de plus qu'un balayeur des rues, et le pire c'est un opium pour les pauvres qui alimentes les caisses des clubs <br /> Un petit bisou<br /> aujourd'hui, chantons et dansons sous la pluie et le soleil en alternance<br /> bonne soirée, :0010:
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S
C'est cela qui est très choquant ! !  bisous
:
Merci pour ce parrallèle significatif et bon week-end Anne-marie. Gros bisou
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S
Vie difficile façon égyptienne ! !  Bisous
J
Comme d'habitude je prends soin de bien lire tes écrits, et là, je me rends compte que la vie est très dure, même plus dure que la nôtre qui nous nous plaignons toujours! quelque part beaucoup trop d'injustices, toutes personnes devraient avoir un minimun vital ! Et là quand je lis à la fin de ton texte cette histoire de footballeur, je ne comprends pas qu'on puisse de nos jours donner du fric à outrance pour un sport! celui là ne sera pas malheureux, et je suppose qu'il aura également tous les bons côtés des choses, révérences, logements, et grand monde . J'espère que cette famille trouvera un jour le temps de vivre de meilleurs moments dans ce monde terrible! Tu n'es rien qu'une petite chose en fait parmi tant d'autres. <br /> je te souhaite un bon week-end Anne-Marie. grosses bises.
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S
Eh oui cela est monnaie courante ici ! !  Bisous

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